La charpente est le squelette qui porte la couverture. Avant de parler tuiles ou ardoises, il faut comprendre ce qui se trouve dessous : ce sont les chevrons et leur ossature qui déterminent la pente, la solidité et la possibilité d’aménager les combles.
Les pièces d’une charpente
De la plus grosse à la plus fine :
- La ferme : l’ensemble triangulé (arbalétriers, entrait, poinçon) qui reprend les efforts et les descend sur les murs porteurs.
- Les pannes : poutres horizontales posées sur les fermes. La panne faîtière est en haut, la panne sablière en bas, les pannes intermédiaires entre les deux.
- Les chevrons : pièces inclinées, dans le sens de la pente, clouées sur les pannes. Ils reçoivent le liteaunage.
- Les liteaux (ou voliges) : fines lattes horizontales clouées sur les chevrons, sur lesquelles s’accrochent les tuiles ou les ardoises.
Charpente traditionnelle ou fermette
La charpente traditionnelle utilise de fortes sections de bois assemblées sur place. Elle dégage du volume : les combles sont aménageables sans gros travaux.
La charpente industrielle (fermette) est faite de fermes légères en W, rapprochées et connectées par plaques métalliques. Économique et rapide, mais elle encombre le comble : l’aménager suppose de renforcer puis de retirer certaines diagonales, une opération d’ingénierie.
Signes de faiblesse à surveiller
- Flèche : une panne ou un chevron qui « ventre », visible en regardant la ligne de faîtage depuis la rue.
- Bois qui s’effrite ou sonne creux : attaque de capricornes, vrillettes ou termites.
- Traces noires et bois spongieux près des pénétrations (cheminée, fenêtre de toit) : infiltration ancienne.
- Écartement des murs en pied de charpente : l’entrait ne joue plus son rôle de tirant.
Entretien et interventions
- Traiter le bois tous les 10 ans environ contre les insectes xylophages et les champignons (produit par pulvérisation ou injection).
- Ventiler le comble : une lame d’air entre isolant et couverture évite la condensation qui pourrit les chevrons.
- Un renfort ponctuel (moise boulonnée le long d’un chevron affaibli) coûte quelques centaines d’euros ; une réfection complète de charpente se chiffre en dizaines de milliers.
Toute intervention qui touche une ferme, un entrait ou une panne porteuse relève du charpentier : ces pièces sont sous contrainte et une coupe mal placée peut déstabiliser l’ensemble du toit.