La tuile plate de pays est un petit rectangle de terre cuite, souvent à peine 15 par 25 cm, posé en grand nombre et à joints croisés. C’est la couverture historique d’une large moitié nord et est de la France : Île-de-France, Champagne, Bourgogne, Alsace. Son rendu dense et minéral fait partie de l’identité de ces régions.
Le principe de pose
- Pose à joints croisés : chaque tuile chevauche les deux tuiles du rang inférieur, comme un mur de briques.
- Triple épaisseur sur la majeure partie de la surface : c’est ce recouvrement qui assure l’étanchéité, il n’y a ni emboîtement ni rigole.
- Pureau (partie visible) faible : 6 à 9 cm selon la pente et l’exposition.
- Densité élevée : 60 à 80 tuiles/m², parfois plus pour les très petits moules.
- Accrochage par tenon sur le liteau ; clouage ou crochet des rangs de rive, d’égout et de faîtage.
Une couverture qui exige de la pente
Sans rigole pour guider l’eau, la tuile plate ne tient l’étanchéité qu’avec une forte pente : 35 % minimum, en général 60 à 100 % sur le bâti ancien. C’est ce qui donne ces toitures hautes et cassées, parfois à deux pentes (comble « à la Mansart »).
Cachet, contraintes, budget
- Aspect : nuances de terre, tuiles à bord droit ou à queue de castor (arrondi), lucarnes et croupes bien dessinées.
- Secteur protégé : en zone ABF, le petit moule terre cuite est souvent imposé, avec un nombre de tuiles au m² prescrit.
- Poids : 60 à 75 kg/m², à prendre en compte pour la charpente.
| Poste | Fourchette |
|---|---|
| Tuile plate de pays fournie et posée | 70 à 130 €/m² |
| Tuile seule (petit moule) | 0,60 à 1,50 €/pièce |
| Durée de vie | 60 à 100 ans |
Entretien
- Contrôle annuel : tuiles glissées (le tenon casse), tuiles feuilletées par le gel.
- Démoussage doux ; l’ombre et la faible pente favorisent la mousse dans les joints.
- Remplacement délicat : il faut soulever plusieurs tuiles imbriquées pour libérer celle du dessous. À confier à un couvreur habitué au petit moule.